Les Sommets
J’ai visité et dormi dans un endroit qui devrait être dessiné plutôt que raconté. J’ai atteint le sommet de la montagne et murmuré une prière non sollicitée : je suis arrivé au paradis.

J’apprécie la naïveté de mon réveil quand il sonne à six heures du matin.
À huit heures, je décide que mon premier objectif est d’attraper le train pour Marseille après le petit-déjeuner. Après neuf heures, alors que je roule en roller vers la gare, je sais déjà que Cassis sera ma destination. Enfin, les montagnes, les vallées et les criques des Calanques. À Saint Martin Crau, j’achète une baguette pour accompagner le salami et les olives que j’ai déjà. Au Monoprix de la place Castellane, j’achète des raisins, des figues, de l’eau ; soit deux jours de nourriture. Un autre trajet en bus de quarante minutes depuis Marseille me conduit à Cassis, suivi d’une autre promenade de quarante minutes entre les villas en bord de mer pour atteindre l’entrée du Parc national des Calanques (ou comme on l’appelle ici : naturel). Ensuite, une autre promenade de quarante minutes au-dessus de la baie de Miou, qui rivalise pour le titre du plus beau port de plaisance du monde. Une baie qui s’étend profondément entre deux falaises de calcaire, rappelant une embouchure de rivière. Ce qui est remarquable, c’est la lumière du soleil et les couleurs. Ici, la surface de l’eau brille presque toujours, d’un bleu azur authentique qui n’a pas besoin de filtre, tout comme les forêts de mélèzes perchées sur les falaises de calcaire : d’un vert vif.
Il y a pas mal de monde qui se promène au-dessus de la baie de Miou. Ah, je ne l’ai pas dit ? On ne peut venir en voiture qu’à l’entrée des Calanques, mais c’est toujours bondé, donc il est bien plus malin de laisser la voiture au village. Donc, le touriste moyen ne grimpe pas jusqu’au sommet au-dessus de Miou. Pourtant, c’est à partir de là que le plaisir commence, car depuis ces sommets, on peut déjà voir le village, ainsi que quelques baies.
À partir de là, quand on n’entend plus aucun bruit de la civilisation, tout est magnifique. Ce n’est pas compliqué à décrire : des nuances de bleu, de vert et de blanc partout. Mais le sentiment quand j’arrive sur cette plage, encadrée par des montagnes couvertes de pins de chaque côté… L’eau est rapidement profonde et rocheuse. Donc claire. Très claire.
Je suis parti à neuf heures du matin, j’arrive à la plage de Port du Pin à trois heures de l’après-midi ; à vol d’oiseau, quatre-vingts kilomètres.
Le reste de la journée ne présente que peu d’excitation : sieste à l’ombre, lecture, écriture. Le soir, au coucher du soleil, je monte sur le prochain sommet, à seulement dix minutes de « marche ». Juste là, car les sentiers de randonnée évitent ce sommet, aussi parce que c’est une zone buissonnante, donc on ne voit rien de nulle part quand j’installe mon hamac entre deux pins. Puis je monte encore de trois mètres, car au point le plus élevé, il y a un grand rocher, parfait pour une table de dîner, avec en toile de fond la mer déjà sombre.
Je regarde en plein air le film « Les Violents ». Il était censé pleuvoir, donc je porte juste mon maillot de bain, tout le reste est enfermé dans mon sac, que j’accroche à un tronc d’arbre.
L’air est agréable maintenant, le paysage est magnifique. L’odeur de la mer est perceptible. J’adore.
J’adore ma vie aujourd’hui aussi.
Cassis, le 01/09/2024. Dimanche.
Musique live, danse et bovins
Rochers, eaux, sauts!
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