écritures manuscrites

Feria d’Arles 2024 : Une nuit inoubliable dans la vieille ville

Tout cela est incroyable ! Toute la journĂ©e a Ă©tĂ© une Ă©norme fĂȘte, et j’ai tout vu. Je pense que je ne vais pas oublier ça de sitĂŽt. Je retourne pour la musique live au concert de flamenco, et peut-ĂȘtre mĂȘme pour un autre concert de cuivres. Tous les Ă©vĂ©nements sont gratuits, c’est vraiment incroyable !

Le dernier jour de travail de la semaine, le premier jour de travail de la semaine, le gardien de l’immeuble est apparu deux heures aprĂšs le dĂ©but de son service. D’ici lĂ , la routine matinale habituelle avait Ă©tĂ© accomplie : balayage des terrasses, arrosage des plantes en pot, collecte des poubelles, relevĂ© du courrier. Le reste de la journĂ©e a Ă©tĂ© consacrĂ© Ă  l’entretien du fossĂ© le long de la route. Le fossĂ© mesure deux mĂštres de profondeur et trois cents mĂštres de long. Ils ont apportĂ© une tondeuse qui est parfaite pour tondre la pelouse, mais inadaptĂ©e pour la vĂ©gĂ©tation sauvage du fossĂ©. Donc, je coupe l’herbe Ă  la main. Ce n’est pas suffisant pour une journĂ©e.

Au repas du personnel, c’est Ă©trange, la nourriture est comestible depuis plus d’une semaine ; ce n’est pas bon, mais c’est acceptable.

Je pensais dormir l’aprĂšs-midi aprĂšs la fĂȘte d’hier, car je retourne ce soir. La fĂȘte dure tout le week-end. Je n’arrive pas Ă  dormir, je regarde des sĂ©ries et je dĂ©vore de la glace. Pas de problĂšme, Ă  huit heures je suis dĂ©jĂ  en ville ; affamĂ©.

Je me jette sur le premier vendeur de churros que je croise. On peut vite s’habituer Ă  cette pĂątisserie espagnole. (C’est comme les beignets pour les Hongrois.) Pendant ce temps, des taureaux courent Ă  cĂŽtĂ© de moi, de l’autre cĂŽtĂ© de la clĂŽture.

Je n’ai pas de plan pour la soirĂ©e, mais ce n’est pas grave. Toute la vieille ville est un grand lieu de fĂȘte. Il y a de la musique, de la danse ou simplement de l’animation sur toutes les places.

Pendant la nuit, je fais un tour dans tous les endroits de fĂȘte temporaires ; je suis curieux de tout. Je prĂ©cise : c’est la vieille ville, un espace de huit minutes de marche de diamĂštre.

  • Le propriĂ©taire du bistrot du marchĂ© a installĂ© deux haut-parleurs dans la rue, tout le monde se dirige vers la mairie pour Ă©couter de la musique populaire latine.
  • Un peu plus loin, le marchand de tabac qui sert Ă©galement de la biĂšre a apportĂ© un DJ sur ordinateur portable. Les gens dansent sans arrĂȘt sur sa terrasse.
  • Ou deux maisons plus loin, sur la place Wilson, j’Ă©coute un concert cubain.
  • Dans l’Ă©glise en face du musĂ©e, la discothĂšque commence dĂšs sept heures du soir, avec de la musique espagnole entraĂźnante. Si la pluie se met Ă  tomber, je reviendrai ici.
  • Dans l’ancienne Ă©glise imposante des FrĂšres PrĂȘcheurs, on danse du flamenco andalou. Je reviendrai Ă  dix heures pour la musique live. À cĂŽtĂ© des deux guitaristes, une violoniste joue des solos, pendant que je peux admirer la danse de deux femmes. Le seul problĂšme avec cet endroit, c’est qu’il n’y a pas de fenĂȘtres ouvrables dans l’Ă©glise ; Ă  la fin du concert (sinon de maniĂšre disciplinĂ©e), la foule se prĂ©cipite dehors comme si l’air frais Ă©tait distribuĂ© gratuitement.
  • La place du Forum est le lieu central des festivitĂ©s de danse. L’annĂ©e derniĂšre et ce printemps, j’ai dansĂ© toute la nuit et tous les jours parmi la foule, mais cette fois-ci je n’en ai pas envie ; il y a tellement de monde que mĂȘme aux abords de la place, les gens dansent. Sinon, c’est une jolie place : un espace rectangulaire entourĂ© de restaurants et de bars de tous les cĂŽtĂ©s, avec des terrasses amĂ©nagĂ©es au milieu des arbres. Ce soir, les artistes se tiennent sur les toits des terrasses.
  • À quelques centaines de mĂštres plus haut, dans une ruelle Ă©troite, je tombe sur un concert de cuivres, en fait, sur une fĂȘte instantanĂ©e ! Beaucoup de cuivres, dans des tenues trĂšs Ă©tranges : les femmes portent des chapeaux, les hommes des jupes. Ils sont vraiment douĂ©s, car tout le monde danse, toute la rue saute au mĂȘme rythme, chante. Un mot me vient Ă  l’esprit : tout cela est incroyable ! Des mariĂ©es fumant au coin de la rue, des mini-jupes couvrant des jambes poilues, des filles trompettistes cool, ou vingt musiciens de cuivres et une ruelle remplie d’insouciance ! D’ailleurs, ils se parlaient dans une langue slave entre eux ; donc ils sont probablement aussi d’Europe de l’Est. C’est vraiment une fĂȘte oĂč mĂȘme les bĂ©quilles ont Ă©tĂ© jetĂ©es. (J’ai vu quelqu’un les jeter dans un coin.)
  • PrĂšs de la fontaine sous la place Voltaire, des musiciens tziganes ont jouĂ© hier soir, avec un peu plus d’expĂ©rience, ce ne sont plus seulement les enfants qui dansent.
  • Sur la place Voltaire, il y avait deux tentes Ă  biĂšre, l’une diffusait de la musique rĂ©tro, l’autre de la musique pour les jeunes, mais Ă  ce moment-lĂ , je suis dĂ©jĂ  fatiguĂ©, mon enthousiasme est retombĂ©.
  • En revenant vers la place de l’hĂŽtel de ville, je croise pour la troisiĂšme fois la section de percussions de l’Ă©cole de samba brĂ©silienne. Ils parcourent le centre-ville, et font autant de bruit Ă  deux autres endroits, qu’on ne peut pas les manquer. Vingt femmes frappent les tambours en mĂȘme temps. Bien sĂ»r, le public danse avec elles.
  • Avant la fĂȘte des cĂ©lĂšbres DJ dans la cour intĂ©rieure du palais, il y a une heure d’attente. En fait, toute la ville danse, et eux restent coincĂ©s Ă  un endroit.
  • Sur la place du marchĂ©, il y a deux fĂȘtes – bondĂ©es. Toutes deux crĂ©ent une ambiance incroyable avec de la musique populaire. Sur la place du marchĂ©, je me joins Ă  l’ambiance pendant vingt minutes, mais je ne participe pas Ă  la cĂ©lĂ©bration dans la cour du syndicat ; je suis Ă©puisĂ©.

Je rentre chez moi en trottinette, avant la pluie, et je me mets en charge.

Ai-je mentionné que tous les événements sont gratuits ?

Feria d’Arles 2024, le 07 septembre, samedi








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